Emmanuel Hanquet

Né le 15 juin 1915 à Liège dans une famille nombreuse de quinze enfants, Emmanuel Hanquet a consacré sa vie à la foi, à l’éducation et au service humanitaire. Il entame des études de droit à l’Université de Liège de 1932 à 1934 avant d’entrer au séminaire de la Société des Auxiliaires des Missions (S.A.M.) à Louvain/Leuven, où il suit des études de théologie auprès des Jésuites. Il est ordonné prêtre le 6 février 1938 à Liège par Mgr Kerkhofs.

Son parcours missionnaire commence le 20 novembre 1938 lorsqu’il quitte Marseille à bord du Félix Roussel en direction de la Chine. Il arrive à Shanghai le 20 janvier 1939, passe brièvement par Haimen avant d’étudier le chinois à l’école Hua Wen de Pékin jusqu’en juillet 1939. Le 10 juillet 1939, il entame un voyage d’un mois vers Hungtung (Shansi), où il occupe les fonctions de secrétaire de l’évêque, enseignant, curé de village et économe.

Hanquet est confronté aux dures réalités de la guerre lorsqu’il est emprisonné une première fois par les Japonais le 8 décembre 1941 pendant quatre mois. Après avoir repris ses fonctions pastorales à Hungtung, il est de nouveau arrêté le 13 mars 1943 et interné au camp de concentration de Weihsien dans le Shantung jusqu’au 17 octobre 1945. Après la libération du camp par des parachutistes américains, il séjourne un temps à Pékin pour se rétablir avant de retourner à Hungtung en décembre 1945, où il est confronté à de graves pénuries alimentaires et à une grande pauvreté.

En janvier 1946, Hanquet rejoint l’UNRRA (Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction) où il exerce successivement les fonctions d’enquêteur de terrain, agent de distribution, puis chef de la distribution dans quatre provinces du nord (Hopei, Shantung, Shansi et Chagar). Durant cette période, il négocie même des accords de collaboration avec les communistes chinois, dont Deng Xiaoping. Le 10 décembre 1947, il quitte Shanghai à bord du Sir John Franklin, pour un périple de quatre mois qui le mène à travers la Corée, le Japon, Hong Kong, les Philippines, Singapour, la Malaisie, la Thaïlande, l’Inde, le Pakistan, Aden, Djibouti, Haïfa, Alexandrie et Gênes, avant de rentrer en Belgique à Pâques 1948.

De retour en Belgique, Hanquet poursuit son service au sein de la S.A.M. en tant qu’économe de 1948 à 1986 et directeur du Centre Vincent Lebbe de 1950 à 1952. Il devient également aumônier des Lonescouts à Bruxelles, fonction qu’il occupe de 1950 à 1986. En juillet 1983, il rejoint la Fraternité du Buisson à Louvain-la-Neuve.

Bien qu’ayant quitté la Chine en 1948, ses liens avec le pays restent profonds. Il effectue plusieurs voyages de retour en République populaire de Chine : en septembre 1981, mai 1991, novembre 1991 et mai-juin 1994. Le 10 février 2008, il célèbre son 70e anniversaire de sacerdoce. Quelques jours plus tard, le 13 février 2008, il s’éteint à la Fraternité du Buisson, laissant derrière lui un héritage de dévouement inébranlable à la foi et à l’action humanitaire.